Vallée du fleuve : Les variétés exotiques boostent la production de tubercules

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02 juillet 2018 (lepaysan.ci) Les nouvelles variétés de manioc et de patates douces introduites dans la vallée du fleuve Sénégal par le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndasp) dans le transfert régional de technologies sont en train de révolutionner la production de tubercules au Sénégal. Aujourd’hui, les rendements sont passés de 12 tonnes à près de 60 tonnes à l’hectare, selon les producteurs avec des taux de réduction des pertes post-récoltes estimés à environ 65%.

Venus partager les résultats des projets de diffusion des nouvelles variétés de manioc, de patates douces importées du Ghana et  introduites dans la vallée du fleuve et dans une bonne partie de la zone centre du Sénégal, en 2016, les acteurs de la filière manioc se sont réjouis de cette initiative entreprise par le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndasp). Ils estiment que ce Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao/Waapp) rendra beaucoup de service aux populations bénéficiaires. Il s’agit de six variétés de manioc (Duade kpakpa, Ampong, Sika Mankye, Broni Bankeye, Bankye Hema et Otuhia) importées toutes du Ghana, dans le cadre du transfert régional des technologies agricoles développées par la recherche dans le cadre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao).  Comme l’a souligné le président de l’interprofessionnel manioc du Sénégal, Assane Ndiaye, ces variétés exotiques ont contribué à booster, aujourd’hui, les rendements à l’hectare de la production de tubercules au Sénégal.

Dans la vallée du fleuve Sénégal et dans une bonne partie de la région centre comme à Tivaouane et Thiès, les productions de manioc sont passées de 12 tonnes à 45 voire même 60 tonnes à l’hectare. Cette année, note-t-il, la production nationale a atteint 747.000 tonnes, soit 119 % par rapport aux cinq dernières années. « On a presque multiplié par 6 les rendements sur le terrain », a indiqué Assane Ndiaye. Le président de l’Interprofessionnel manioc a été également séduit par les caractéristiques organoleptiques de ces nouvelles variétés de manioc.

Renforcer les moyens
Il en est de même en ce qui concerne la patate douce avec les variétés Otoo, Ligri Caromex entre autres. « Ce sont non seulement des variétés à haut rendement mais résistent également aux maladies en sus des caractéristiques organoleptiques très appréciables pour l’alimentation », a déclaré M. Ndiaye. Il n’a pas manqué de saluer l’engagement du Fndasp dans l’exécution du projet et invite l’Etat à renforcer les moyens de la structure pour contribuer à la création de filières fortes au Sénégal et à la préservation des boutures importées pour créer un véritable parc de semences de manioc au Sénégal. Le transfert de ces nouvelles technologies a pris également en charge une des préoccupations majeures de l’horticulture sénégalaise à savoir l’étalement de la production et la conservation. Après avoir ainsi prêté une oreille attentive aux producteurs d’oignon, le Fndasp a profité du projet pour envoyer des producteurs au Niger afin qu’ils puissent s’inspirer des outils et méthodes de conservations utilisés sur place. Cette initiative a abouti à l’introduction et à la diffusion de modèles de magasins de stockage d’oignon de type « ruudu » du Niger. 12 sites en ont bénéficié, selon le directeur exécutif du Fndasp, Jean Charles Faye. Ces infrastructures conçues au Niger et améliorées au Burkina Faso sont aussi indiquées pour notre environnement. Elles peuvent conserver l’oignon malgré des températures très élevées, a déclaré Saïd Coly, techniciens au Fndasp.

En outre, les magasins ont contribué à réduire les pertes post-récoltes sur le terrain avec des taux estimés par endroit à environ 65%, selon le technicien. L’introduction des nouveaux magasins de stockage a été également couplée à une série de formations dédiées aux producteurs, selon l’approche champ-école sur les bonnes pratiques de production d’oignon dans la vallée du fleuve. 900 producteurs au décompte final, selon M. Coly. « Aujourd’hui, grâce au transfert de technologies, les rendements pour l’oignon sont passés de 9.244 kg/ha à 18.000 kg/ha, a déclaré  Ibrahima Racine Sall, président de l’Interprofessionnel oignon du Sénégal. A l’image de ses collègues producteurs, M. Sall a plaidé pour la pérennisation des acquis.

Source : lesoleil.sn

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