Le Conseil coton-anacarde entame une caravane du 29 mai au 2 juin sur les problèmes liés à l’achat du cajou

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Dr Adama Coulibaly, Directeur Général du Conseil du Coton et de l'Anacarde

26 mai 2018 (lepaysan.ci) Le Conseil coton-anacarde, organe de régulation de la filière cajou en Côte d’Ivoire, aura une caravane du 29 mai au 2 juin 2018 pour expliquer les problèmes liés à la commercialisation, a indiqué son directeur général Dr Adama Coulibaly, dans un entretien à APA.

La caravane se déroulera du 29 mai au 2 juin 2018 et va parcourir la localité de Dabakala, de Bondoukou, l’axe Korhogo-Boundiali-Tingrela et l’axe Séguéla-Mankono, des « zones où il y a encore des stocks détenus par les producteurs », a dit Dr Adama Coulibaly.

Il a relevé qu’ «aujourd’hui, 80% des produits a été acheté des mains des producteurs et il reste encore au maximum 20% », ajoutant que « la caravane devrait permettre de rappeler la nécessité de faire des produits de qualité surtout par ces temps de pluies abondantes dans certaines régions » du pays.

Concernant le « ralentissement » du déchargement des camions dans les ports ivoiriens, M. Adama Coulibaly a fait savoir que les véhicules stationnés sur « les trottoirs à Abidjan aujourd’hui sont liés au fait qu’ils ne peuvent pas décharger à cause de la qualité des produits qu’ils ont emmenés ».

De plus, soutiendra-t-il, ce ralentissement s’explique par le fait que chaque année, au port d’Abidjan, se retrouvent les principaux produits d’exportation à la même période et la superposition de l’ensemble de ces produits sur les quais créent parfois des engorgements.

« Le 23 mai, nous avons eu une séance de travail avec la communauté portuaire et nous avons été rassurés de la fluidité qui va donc se dérouler dans les jours prochains, et tout ce que nous avons comme retard et ralentissement (…). Je vous assure qu’avant le début de la semaine prochaine, les choses vont rentrer dans l’ordre », a-t-il poursuivi.

Depuis mi-avril le pays connaît une pluviométrie assez abondante et « nous conseillons à tous de repartir dans les endroits où on peut sécher le produit, bien le trier et le ramener », a dit le patron du Conseil coton-anacarde, qui a rappelé que le prix bord-champ demeure à 500 Fcfa le Kg.

« Le prix de la noix de cajou a été fixé par le gouvernement à 500 Fcfa le kilogramme bord champ et jusqu’à preuve de contraire c’est ce prix qui est appliqué sur le terrain, et nous veillons scrupuleusement à ce que la ligne rouge qui est la barre de 500 Fcfa ne soit jamais franchie», a-t-il rapporté.

« Les 500 Fcfa, c’est la ligne rouge, il ne faut pas la franchir, celui qui la franchit va nous trouver sur son chemin. Il n’est pas question que quand le gouvernement a décidé, que des commerçants pas toujours honnêtes essaient donc de contourner cette décision et cela n’est pas acceptable », a-t-il prévenu.

M. Coulibaly a exhorté les producteurs à rester « sereins » et surtout à sécher leurs produits et le cas échéant, à les stocker si tant est qu’il n’y a pas un preneur immédiat, car « d’ici deux à trois semaines, la situation va se résorber totalement (avec) une fluidité dans la commercialisation ».

Les camions refoulés ont pour la plupart un taux d’humidité au-dessus de 10% et « quand on leur demande de retourner sécher leurs produits, ils trouvent que cela leur cause des désagréments au plan financier », stationnant sur les trottoirs, a-t-il expliqué.

Il y a quelques jours, l’on dénombrait plus de 200 camions au niveau portuaire, mais « jeudi 77 camions ont été déchargés contre 61 mercredi et il reste 186 camions », a évoqué M. Adama Coulibaly, mentionnant qu’ « au moins la moitié de ces 186 camions » ont des problèmes liés à la qualité.

Selon Diakaridia Koné, Président du Conseil d’administration de la Fédération nationale des acheteurs et sociétés coopératives d’anacarde de Côte d’Ivoire (Fenaca-ci), le prix bord-champ de 500 Fcfa est « respecté » sur le terrain.

Il a dénoncé dans un entretien téléphonique à APA, des sous-pisteurs qui au regard du ralentissement dans la commercialisation tentent d’acheter les noix de cajou aux paysans en dessous du prix minimum officiel fixé par l’Etat ivoirien.

La Côte d’Ivoire a deux principaux clients, le Vietnam et l’Inde, qui doivent trouver chaque année sur le marché international 2 millions de tonnes pour faire fonctionner leurs unités de cajou. Le pays, premier producteur mondial, peut fournir entre 600.000 et 700.000 tonnes représentant 1/3 de ce volume.

La Conseil coton-anacarde prévoit une production de 750.000 tonnes pour la campagne commerciale 2018 dont 100.000 tonnes destinées pour l’industrie locale et 650.000 pour l’exportation. La Côte d’Ivoire a réalisé lors de la campagne précédente 711.236 tonnes en 2017 représentant 22% de la production mondiale.

Source : APA

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