Le Cameroun vise le leadership mondial de la production d’anacarde, grâce à un programme visant à planter 100 000 hectares d’anarcadiers

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19 juin 2018 (lepaysan.ci) L’Institut de Recherches Agricoles pour le Développement (IRAD) entame, dans les prochains jours, une vaste opération de distribution gratuite d’une première cargaison de 50.000 plants d’anacardiers (arbres produisant l’anacarde encore appelée noix de cajou) dans les trois régions septentrionales du Cameroun et la région de l’Est, apprend-on officiellement.

Ces 50.000 plants font partie d’un lot global de 500 000 plants en cours de production dans les différents centres de l’Irad, structure de recherche qui projette, à la fin de l’année 2021, d’atteindre un volume de production de 10 millions de plants d’anacardiers ; qui seront gratuitement mis à la disposition des agriculteurs camerounais, dans l’optique de créer 100 000 hectares de plantations dans le pays.

Afin de réaliser ce projet, qui vise à faire du Cameroun le leader mondial de la production de l’anacarde au cours des prochaines années, souligne-t-on à l’Irad, le chef de l’Etat camerounais a prescrit la mise à la disposition de cet institut de recherche, d’une enveloppe spéciale de 1,5 milliard de francs Cfa pour financer la production des plants.

A travers ce projet de promotion de la culture de l’anacarde, en cours d’implémentation au Cameroun, le gouvernement ouvre ainsi la voie au développement d’une seconde culture de rente dans les trois régions septentrionales du pays (Nord, Extrême-Nord, Adamaoua), jusqu’ici otages du coton, et dont le climat convient le mieux à la culture de l’anacarde, adaptée aux zones sèches.

Pour rappel, l’histoire de l’anacarde au Cameroun débute en 1975, pratiquement à la même période qu’en Côte d’Ivoire, pays devenu premier producteur mondial ; alors que le Cameroun, lui, ne revendique qu’une production d’environ 33 tonnes, qui est essentiellement l’œuvre du Gic Ribaou, un groupe de passionnés qui tente depuis des années, de sauver cette culture dans la région du Nord.

En effet, apprend-on officiellement, à la faveur d’une campagne de reboisement dans la localité de Sanguéré, non loin de la ville de Garoua, les premières plantations d’anacarde au Cameroun furent plantées dès 1975. Au bout du compte, soulignent des sources proches du dossier, il est question, parallèlement aux 10 000 hectares de plantations projetés, de monter dans cette localité une usine de production du jus d’anacarde, et de commercialiser la noix de cajou (l’anacarde se présente sous la forme d’un fruit surplombé par une noix contenant une amande).

Mais, 43 ans plus tard, seulement 650 hectares d’anacardiers ont effectivement été plantés, dont 60 hectares pour la seule année 2017, grâce à une opération conduite par l’Agence nationale d’appui au développement forestier (Anafor), précise Marie Hortense Onana, chef d’agence de l’Anafor pour le Nord. Au cours des prochaines années, l’Anafor ambitionne de développer plusieurs autres centaines d’hectares d’anacardiers dans le verger de Sanguéré, où le Gic Ribaou revendique également un peu plus de 100 hectares de plantations nouvelles depuis 2002.

Grâce au programme de production de plants en cours à l’Irad, tous ces acteurs, et bien d’autres personnes et structures intéressées par la culture de l’anacarde (notamment la Sodecoton), disposent désormais, d’une opportunité idoine pour se procurer le matériel végétal, qui, selon divers témoignages, a été l’un des obstacles au développement de la culture de l’anacarde au Cameroun. Aux côtés de l’ignorance même des opportunités économiques que recèle cette culture.

Source : agenceecofin.com

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